Mon nom est Pierre Raffenot. J'ai travaillé 20 ans dans une entreprise de services informatiques. Je l'ai quittée en 2010 pour fonder une revue, « L'Oiseau de Passage », ayant pour objet «d'inviter à la clairvoyance sur les technologies ». Soit, pour le dire abruptement, de critiquer radicalement l'idolâtrie techniciste, dans des dossiers fouillés, étayés, n'omettant pas une nécessaire part de vulgarisation technique.

 

À l'origine de ce projet, l'intuition selon laquelle le système technicien joue un rôle central dans la crise écologique et la crise de civilisation actuelles. Une analyse que je ne suis évidemment pas le premier à mener : d'autres l'ont fait, le font encore, avec beaucoup de pertinence et d'expertise. Mais en observant que l'adhésion « idolâtre » aux technologies demeure la règle davantage que l'exception, et qu'il est bien difficile, pour qui s'interrogerait, d'appréhender un sujet technique dans son ensemble, je me dis que tout ce qui peut nourrir la réflexion est bienvenu.

 

Quatre numéros de « L'Oiseau de Passage » ont paru entre fin 2011 et 2013. Pour l'heure, poursuivre sous forme de revue papier n'est pas viable. J'ai donc décidé d'essayer de faire vivre l'Oiseau de Passage sous forme de blog, en attendant, peut-être, de reprendre un jour sa publication.

 

« Combien de temps cette humanité restera obsédée par ces inanités et ces illusions que l'on appelle marchandises ? Est-ce qu'une catastrophe quelconque – écologique par exemple – amènera un réveil brutal, ou bien plutôt des régimes autoritaires ou totalitaires ? Personne ne peut répondre à ce type de questions. Ce que l'on peut dire, c'est que tous ceux qui ont conscience du caractère terriblement lourd des enjeux doivent essayer de parler, de critiquer cette course vers l'abîme, d'éveiller la conscience de leurs concitoyens. »

Cornélius Castoriadis, « La montée de l'insignifiance » (éditions du seuil, 1996)